GUINÉE/ 1ER RÉGIME: Hadja SARAN DARABA KABA témoigne.

GUINÉE/ 1ER RÉGIME: Hadja SARAN DARABA KABA témoigne.

Trente sept ans après sa disparition, l’histoire retient les moments glorieux et sombres du régime d’Ahmed Sekou touré premier président de la République populaire révolutionnaire de Guinée.

Hadja Saran Daraba femme leader du pays fait quelques témoignages concernant cette période allant de 1958 à 1984.

« Le camp Alpha Yaya abrite l’une des prisons les plus dures du pays, le camp Alpha Yaya Diallo de Gbessia. On en a entendu parler ? La prison de Kindia c’est l’une des prisons les plus dures de ce pays, on n’en parle pas.

Pourquoi ? Parce que la manipulation est allée jusqu’à hiérarchiser les prisonniers. Moi j’ai perdu mes parents au camp Boiro. 22 officiers supérieurs de l’armée guinéenne sont morts au camp Boiro et j’ai perdu 41 personnes de ma famille à Kindia. Pourquoi on a réduit notre histoire à l’histoire des prisons politiques ?

Pourquoi alors qu’on a fait la renaissance culturelle africaine ? C’est grâce à la Guinée que la culture africaine a été valorisée à la fin du 20ème siècle, qu’on aime la Guinée ou pas. On a créé les orchestres, on a commencé à jouer les chansons guinéennes. Chaque année, il y avait un festival national des arts et de la culture, pourquoi on n’en parle jamais ? On a intégré les femmes dans l’armée, pourquoi on n’en parle pas ? Nous sommes morts pour que les autres Africains deviennent libres. C’est nous qui avons libéré la Guinée-Bissau.

La Guinée-Bissau est devenue indépendante grâce à nous. L’Angola, le Mozambique, l’apartheid en Afrique du Sud, les premiers fonds pour acheter les armes pour l’ANC c’est la Guinée qui a donné. La Namibie, le Zimbabwe, vous avez entendu le président ougandais quand il est venu ? Il dit qu’il est venu en pèlerinage. Nous n’avons pas voulu vous dire la vérité. Vous savez pourquoi ? Vos parents n’ont pas voulu vous dire la vérité parce que chacun est coupable.

Chacun est coupable mais c’est plus facile d’accuser quelqu’un qui est mort et qui ne peut pas se défendre, on a tout mis sur le dos du président Sékou Touré. Le président Sékou Touré ne torturait pas au camp Boiro, il n’était pas là-bas. Il a plein de ses amis qui sont morts au camp Boiro, qui sont morts à Kindia, ce n’est pas lui qui torturait.

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La Rédaction